20h30
Chanson rock
De THOMAS BOULARD nous pensions tout connaître. Chanteur/guitariste du groupe LUKE, nous le voyons apparaître sur la scène rock française au début des années 2000 et exploser autour de 2004 avec les hymnes rock que furent La Sentinelle ou Soledad. Suivirent alors les tournées dont on ne savait plus si nous en étions au début ou à la fin. Le dernier album du groupe, D’autre Part, montrait déjà des signes de questionnement.
C’est en juillet 2012, et en voisin, qu’il frappe à la porte du réalisateur Jean Lamoot (Bashung, Noir Désir, Raphaël…) au studio Ferber. Jean lui demande d’enregistrer une guitare/voix, comme ça pour voir. Avant de lui demander d’enregistrer toutes les autres. Jean fait alors appel à un vieux compère à lui, Jean-Louis Solans, guitariste (Mano Solo, Salif Keita, etc…) pour venir l’épauler dans l’habillage de ces morceaux. Le disque se termine fin septembre. «Shoot» donc. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il très difficile d’en déterminer le sexe : ni masculin ni féminin, transgenre. Et puis déroutant, lorsque les rythmes jazz se fatiguent, ou que le rap pointe son nez en laissant la place à une pop léchée. Les arrangements vont et viennent mais ne balbutient jamais, choisissant d’être parfaitement lisibles ou plus discrets. C’est la ville qui vient hanter l’essentiel des textes De Thomas Boulard nous pensions tout connaître et bien après ce disque nous en savons encore moins qu’avant… Le chanteur continue son travail de sape d’illusionniste et nous prend à revers et à rebours à travers de magnifiques chansons qui nous disent au mieux ce que nous sommes et au pire ce que nous croyons être. Ce disque est beau et profond, il faut y succomber mais on y succombe comme dans un labyrinthe. C’est une fois épuisé d’avoir cherché un sens en vain que la lumière se fait et que les chansons se révèlent à nous, et prennent vie en nous.
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